Le travail plastique de Morgane Janine Joanin est constitué d’un tissu d’expériences relationnelles. Inspirée par une logique de partage et d’échange, l’artiste met en œuvre des dispositifs de vie commune à l’échelle locale. En installant un Café mobile au sein de l’ENSBA, Morgane active une situation de convivialité entièrement gratuite. C’est selon la même intention qu’elle met en place un espace de troc à l’intérieur d’un Intermarché à Noiseau. Selon des ramifications interpersonnelles ou plastiques, la pratique de Morgane Janine Joanin trouve son origine au cœur du vécu. L’artiste travaille avec des matériaux rencontrés sur son chemin selon diverses formes d’appropriations et de détournements.

En s’emparant d’éléments hétéroclites, elle compose une unité valorisant les contrastes. Suivant cette logique, Morgane confère à l’appréhension de ses œuvres une pluralité de points de vue. Ainsi, elle tient à retracer l’histoire d’une forme accomplie depuis le ramassage des matériaux jusqu’à la documentation de l’œuvre. Ses installations d’assiettes et de carreaux de céramique font écho à une pratique de la récupération : nul besoin d’ajouter au monde de nouveaux artefacts.

 

Pourtant, en tissant des relations inédites avec des matériaux existants, il s’agirait de penser les conditions d’une écologie, autrement dit, d’une nouvelle manière d’habiter le monde. Un tel mode d’existence impliquerait l’adoption d’une économie de l’attention, une éthique du « care »* qui s’applique tant aux individus qu’aux matériaux, aux sujets comme aux objets.

 

 

                                                                                    

Texte écrit par Laure Jaumouillé

Publication de L'ENSBA, 2015

 

 

Morgane  Joanin